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Projets

Empr(ei-u)ter et déconstruire

Techniques mixtes, plâtre, fil, chocolat — Quimperlé, Bretagne, été 2023

Ce projet est une installation regroupant diverses techniques — l’empreinte en plâtre, le livre, la broderie, la prise de son — articulées entre elles pour former un ensemble cohérent. Prendre l’empreinte de fesses et en réaliser le tirage en plâtre m’est apparu comme une piste convaincante pour interroger la question du sexe et, par extension, celle de l’identité sexuée — une identité qui, paradoxalement, se lit bien davantage lorsqu’il n’est plus question du corps lui-même, mais de ce qui le recouvre.

Ce travail pose d’emblée la question de la domination et des dominé·es. En choisissant de prélever une empreinte plutôt que de sculpter, je cherche à me défaire d’un rapport de maîtrise sur le corps de l’autre : le plâtre ne façonne pas, il reçoit. Je m’appuie sur une filiation d’artistes ayant fait de l’empreinte du corps une matière à part entière plutôt qu’un objet de désir : les moulages en négatif de Rachel Whiteread, ou le travail de la trace chez Ana Mendieta — celle de l’empreinte comme trace, et non comme représentation, dans laquelle je m’inscris.

Se souvenir

Commande d’une œuvre composée de 70 cyanotypes intégrant la collection permanente de l’Abbaye Saint-Maurice — Clohars-Carnoët, Bretagne, été 2025

Là où Empr(ei-u)ter et déconstruire prélève l’empreinte du corps humain, Se souvenir applique cette même attention au corps végétal — mais les moyens pour y parvenir impliquent une inégalité de traitement : une destruction du vivant non humain. À l’ère de l’anthropocène, comment cohabiter avec le vivant autre qu’humain sans l’exploiter ?

Accompagnée du directeur du site et d’une botaniste du Conservatoire du littoral, j’ai identifié, prélevé et nommé un certain nombre de végétaux présents sur le domaine. Chaque mardi de l’été 2025, je les ai révélés et en ai conservé l’empreinte par la technique du cyanotype, dans la salle capitulaire de l’abbaye. Peu à peu, les échanges avec les visiteurs et visiteuses invité·es à composer leur propre planche naturaliste ont laissé place à des récits personnels — l’atelier devenait un espace de transmission réciproque, où la mémoire individuelle nourrissait une mémoire collective du vivant.

LIVAÑ
avec
Atelier Lelamer

Cette idée est née de la collaboration avec Louise et Mathilde Boulon Treguier, designeuse graphique.

Nous avons fabriqué et mis en place des pochettes entre Kerfany et Brigneau, le long du GR34, à des endroits de contemplation (bancs, digues) à Moelan Sur Mer.

Les promeneur.euses étaient invité.es à repondre à ces questions. par les mots ou le dessin.

”Un éloge de votre spot de baignade”, “Raconte-nous une histoire qui s’est tenue sur la côte”, “Raconte nous en mots ou en couleurs un paysage d’aujourd’hui”, “une description de votre balade quotidienne”.

Tous les jours, nous récoltions les messages en vélo et nous déposions des papiers vierges dans les pochettes. Ce sont 130 messages et dessins que nous avons récoltés en une dizaine de jours.

Nous nous sommes nichées dans une petite maisons de pêcheur appartenant à la mairie de Moëlan Sur Mer dans l’anse du Gorgen et nous avons donné des réponses composées de formes et de couleurs à ces messages. Nous avons invités des ami.es artistes à nous rejoindre.

La restitution du projet fut une exposition pour l’inauguration du lieu associatif l’Artère à Quimperlé.

Projets collectifs