Née en 1995, vit et travaille à Quimperlé (Finistère).
Mon travail artistique se développe à la croisée de la création, de la recherche et de la médiation, nourri par une double formation initiale en arts plastiques et en sciences humaines et sociales.
Exposer, créer, rencontrer : ces trois gestes se conjuguent dans un même souci des formes sensibles qui interrogent le rapport de l’humain au vivant, humain comme autre qu’humain. Chaque projet naît d’une coopération avec l’autre : un modèle, un territoire, un public, une plante.
Le long du GR34, cent trente messages et dessins déposés par des promeneur·euses deviennent la matière d’une série d’œuvres collectives. Les conversations enregistrées pendant les séances d’empreinte deviennent un jeu d’écoute pour le public. Les échanges recueillis chaque mardi d’un été, autour de plantes prélevées puis révélées par cyanotype, nourrissent une mémoire commune du vivant.
C’est cette matière-là — ce que produisent concrètement une parole recueillie, un geste transmis, une rencontre organisée — qui singularise ma pratique bien davantage que les médiums employés.
De ces expériences émergent des enjeux plus larges : ce que les représentations font aux identités, ce qu’il reste d’une présence lorsqu’on en prélève la trace, comment une expérience individuelle devient forme collective, comment matérialiser l’éphémère.
Je m’inscris à la limite entre art et non-art, dans la filiation de Fluxus, dans un rapport critique à la notion de valeur — une critique qui porte autant sur le genre que sur la classe sociale : intégrer les relations de dominants à dominé·es est au cœur de ma démarche, qu’il s’agisse des corps, des territoires ou du vivant non-humain.
Comment créer les conditions d’un commun, où les frontières entre artiste, curatrice, chercheuse et spectateur·ice s’estompent ?
L’Artère, tiers-lieu que j’ai fondé à Quimperlé, en est aujourd’hui l’épicentre. C’est aussi ce que je cherche à faire advenir dans le vivant au sens large : à travers Se souvenir, le travail au cyanotype mené sur les plantes de l’Abbaye Saint-Maurice vient dialoguer, presque en miroir, avec Empr(ei-u)ter et déconstruire et son travail de l’empreinte sur les corps. Chercher la singularité de chaque plante comme celle de chaque modèle : la question de la nomination — comment on nomme un corps, comment on nomme une espèce — traverse ainsi l’ensemble de mon travail.
Le genre, la mémoire intime et le territoire rural ne sont donc pas des thématiques juxtaposées, mais les fils qu’une même démarche relationnelle fait dialoguer d’un projet à l’autre. Quel que soit le médium, la question reste la même : que fait-on ensemble de ce qui, sans cette rencontre, serait resté invisible ou sans voix ?
L’Artère — tiers-lieu comme œuvre vivante
Quimperlé, Bretagne — depuis octobre 2022
L’Artère est l’épicentre de ma pratique. Je lui donne ce nom parce qu’elle vascularise le territoire : comme une artère irrigue un corps, ce lieu de 50 m² fait circuler une dynamique pulsatoire entre les artistes, les habitant·es et le quartier qui l’entoure. C’est un atelier sans mur, un espace de transmission et d’expérimentation qui dépasse le cadre traditionnel de la galerie pour devenir une œuvre collective, éphémère et performative — une œuvre où les frontières entre artiste, curateur·ice et spectateur·ice s’estompent progressivement.
Dès le départ, un principe a guidé ce projet : création et médiation n’y sont pas deux activités distinctes, mais un même geste. La curation est elle-même une création de récit ; la médiation, une interprétation de récit.
Trois axes structurent le lieu. Les expositions rassemblent des artistes émergent·es et confirmé·es, majoritairement breton·ne·s et issu·es de minorités de genre et de classe, tissant un dialogue entre générations, sensibilités et territoire. Les ateliers et micro-événements sont pensés comme des formats impulsés, mis en place puis développés en direct, où le public ne se contente pas d’observer mais devient véritablement co-créateur·ice. Enfin, la curation se partage entre mon rôle d’initiatrice et un réseau d’artistes, de chercheuses et de participant·es, dans une logique horizontale de co-construction.
Cette démarche revendique la rencontre générée dans l’espace comme matière première à part entière.
Repères (sélection)
Expositions
- 2025 — « Une sorcière comme les autres », exposition contributive, médiathèques de Trémeven et Clohars-Carnoët
- 2025 — « Des vies de doudous », exposition contributive avec le photographe Michel Lebedel, médiathèques d’Arzano et Trémeven
- 2024 — « Autoportraits dénudés », commissariat avec Anne Puech, en partenariat avec le laboratoire ERIMIT, Université de Rennes 2
- 2024 — « Passage » avec l’artiste Margaux Lavêvre, Anciennes Fonderies Rivières, Quimperlé
Résidences & commandes
- 2025 — Résidence à l’Abbaye Saint-Maurice, Clohars-Carnoët — commande Se souvenir
- 2024 — Résidence de recherche à L’Artère, Quimperlé
- 2023 — « Habiter », résidence d’écriture avec l’autrice Yuna Visentin, Moëlan-sur-Mer
- 2022 — Résidence de création, Anse du Gorgen, mairie de Moëlan-sur-Mer
Commissariat & collaborations (sélection)
Commissaire de nombreuses expositions collectives à L’Artère depuis 2022 : Femmage, Polaroïdeuses — de l’archive à l’expérimental, Trois voyageuses, Les âges de la vie, Dernières vacances avant la fin du monde… En 2024, co-fondatrice du festival féministe La Riposte Quimperloise avec Elsa Cérèse (association Typouce) et Aline Le Matelot.
Presse & médias
Régulièrement relayée dans Le Télégramme et Ouest-France depuis 2022. Portrait radiophonique diffusé sur Radio BOA en 2026.
Formation
- 2016 — Licence d’arts plastiques, Université de Rennes 2, dont un semestre Erasmus à l’Académie des Beaux-Arts de Poznań (Pologne)
- 2018 — Master de recherche en arts plastiques, Université de Rennes 2, dont une année à l’Académie des Beaux-Arts de Cieszyn (Pologne) — mémoire « Empr(ei-u)ter et déconstruire les deux sexes », dir. Bertrand Clavez
- 2022 — Master en études sur le genre, Université d’Angers — mémoires « Marie Henry (1859-1945), une Bretonne en quête d’émancipation », dir. Christine Bard, et « Institutions culturelles et politique d’inclusion des genres : l’exemple du Frac Bretagne », dir. Sylvain Villaret
- 2025 — Diplôme universitaire « Espaces communs », Université Gustave Eiffel / Yes We Camp
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